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Pollution lumineuse : quelle part du territoire français est concernée ?

 85 % Part du territoire métropolitain exposé à un niveau élevé de pollution lumineuse

Quand on parle de pollution, on pense le plus souvent aux gaz, métaux et substances chimiques diverses qui altèrent la qualité de l’air, de l’eau ou des sols. Mais il existe aussi une pollution provoquée par l’éclairage artificiel…Ainsi, pour répondre aux enjeux de préservation des espèces et des écosystèmes, l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) a mis au point un nouvel indicateur : la « proportion du territoire métropolitain fortement impacté par la pollution lumineuse en cœur de nuit ». Cet indicateur permet de mesurer la part du territoire fortement exposée au phénomène de pollution lumineuse induit par l’éclairage artificiel nocturne. Il montre que 85 % du territoire est soumis à un niveau élevé de pollution lumineuse en 2020… et que les régions où il fait encore nuit noire en France métropolitaine sont donc plutôt rares.

Ce constat est préoccupant pour deux raisons : d’une part, la luminosité nocturne intense témoigne d’une grande dépense d’énergie ; d’autre part, la pression lumineuse présente dans la majeure partie du territoire français s’avère particulièrement néfaste pour la biodiversité. L’éclairage artificiel nocturne représente en effet une menace importante pour de nombreuses espèces animales et végétales qui ont besoin d’une alternance entre le jour et la nuit (dérèglement des rythmes biologiques des espèces animales nocturnes, modification de leurs comportements, déplacement perturbé des espèces qui utilisent les étoiles pour s’orienter, etc.). D’autres espèces, qui fuient la lumière, sont contraintes de se limiter à des habitats plus petits et ne peuvent s’épanouir pleinement face à une barrière lumineuse « infranchissable ».

La pollution lumineuse : où fait-il encore nuit noire en France métropolitaine ?
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Figure 3080

La pollution lumineuse : où fait-il encore nuit noire en France métropolitaine ?

Á l’échelle du territoire national

  • Moyen : 64.4 % (21 à 21,5)
  • Mauvais : 20.2 % (19,5 à 21)
  • Bon : 15.4 % (21,5 à 21,7)

Luminance zénithale (mag/arcsec²*) en coeur de nuit par temps clair et sans lune

Visibilité de la voie lactée

  • Invisible
  • Presque invisible
  • A peine visible
  • Visible au zénith
  • Affaiblie à l’horizon
  • Quelques détails
  • Nombreux détails
  • Très détaillée

Echelle de luminosité

  • Très brillant (entre 19,5 à 21)
  • Brillant (entre 19,5 à 21)
  • Fortement lumineux (entre 19,5 à 21)
  • Lumineux (21 à 21.5)
  • Peu sombre (21 à 21.7)
  • Assez sombre (21 à 21.7)
  • Sombre (21 à 21.7)
  • Trés sombre (21 à 21.7)

Quelles conséquences sur la biodiversité ?

L’éclairage artificiel participe à l’artificialisation des territoires et génère une pollution lumineuse.

Elle constitue une menace importante pour de nombreuses espèces animales et végétales qui ont besoin de l’alternance jour/nuit, avec diverses conséquences, comme le déréglement de leurs ryhtmes biologiques et la modification de leurs comportements.

L’éclairage nocturne perturbe le déplacement des espèces qui utilisent les étoiles pour s’orienter, comme certains oiseaux migrateurs, mais aussi de nombreux insectes volants, qui se retrouvent piégés par les points lumineux.

La pollution lumineuse agit comme une barrière infranchissable pour d’autres espèces qui fuient la lumière. Elles doivent donc accomplir leurs cycles de vie dans des habitats plus petits et morcelés. La pollution lumineuse entraîne ainsi une fragmentation des milieux naturels.

85 % du territoire subit des pressions dues à la pollution lumineuse.

*Unité qui mesure la luminance : magnitude par arc de seconde au carré

Source et traitements : DarkSky Lab pour l’ONB, 2021
Office français de la biodiversité (OFB)
Républiqe Française

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