Climat Adaptation au changement climatique

L’adaptation au changement climatique

Les gaz à effet de serre jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat. Sans eux, la température moyenne sur Terre serait de -18 °C et la vie n’existerait peut-être pas. Toutefois, depuis le XIXe siècle, l’homme a considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère. Conséquence : l’équilibre climatique naturel est modifié et le climat se réajuste par un réchauffement de la surface de la Terre. Les effets de ce réchauffement sont d’ores et déjà perceptibles au niveau mondial. Il est nécessaire d’agir, à la fois pour limiter et atténuer les effets du changement climatique, mais aussi pour s’adapter aux changements déjà engagés et à venir.

En bref

Quelles différences entre « atténuation » et « adaptation » ?

Il y a peu d’incertitude sur ce que sera le climat à horizon 2050, largement déterminé par les quantités de gaz à effet de serre déjà envoyées dans l’atmosphère. Au-delà, le climat futur dépendra principalement de notre capacité à réduire ces émissions. Il faut donc diminuer fortement les émissions de gaz à effet de serre. Le premier pilier de la lutte contre le changement climatique est l’atténuation du changement climatique.

Toutefois, les conséquences du changement climatique sont déjà visibles et demandent de s’y adapter dès maintenant, en faisant autrement. Le second pilier est donc l’adaptation au changement climatique. Il a vocation à proposer des solutions et à rendre les populations, les infrastructures et les entreprises plus résilientes pour faire face aux nouveaux risques naturels (inondations, érosion côtière, canicule, sécheresse…)

Comment s’adapter ?

Consommer et se déplacer autrement : les actions les plus émissives en gaz à effet de serre sont connues. L’objectif de l’adaptation est donc de mettre en place des solutions à court, moyen et long termes en adaptant nos comportements. L’une des priorités est de faire évoluer nos modèles de consommation et nos modes de déplacement.

Tous les secteurs de la vie quotidienne sont donc touchés par les actions d’adaptation : les transports, en favorisant les mobilités actives comme le vélo, les logements avec une politique de rénovation pour améliorer l’isolation et la ventilation, la formation et les métiers pour disposer des compétences nécessaires…

Des solutions différentes en fonction des enjeux : selon les populations, les secteurs et les régions, la sensibilité au changement climatique est variable. Les politiques d’adaptation seront donc différentes, avec de vrais enjeux de justice sociale et environnementale. Par exemple, certaines îles et les zones littorales seront en première ligne face à la montée des eaux : elles devront adapter leurs habitations, anticiper les impacts économiques et sociaux sur la population locale… là où d’autres zones feront face à davantage de sécheresse et devront trouver des solutions en adéquation : la végétalisation des villes, une gestion de l’eau différente….

Agir à quelle échelle ?

Au niveau local, la politique d’adaptation se retrouve souvent dans les plans Climat Air Energie Territoriaux (PCAET) mis en place par les communes, les communautés de communes ou les métropoles.

Au niveau national, un plan national d’adaptation au changement climatique a été mis en place. Il est complémentaire de la stratégie nationale bas carbone pour être neutre en carbone d’ici 2050.

A l’échelle internationale, l’Agenda 2030 fixe 17 Objectifs du développement durable et propose également des pistes et un accompagnement pour les atteindre.

En savoir plus

Les gaz à effet de serre émis par les activités humaines ont une durée de vie très variable. Certains gaz peuvent rester plusieurs centaines d’années dans l’atmosphère. Par conséquent, les gaz à effet de serre que nous émettons maintenant auront des conséquences pendant plusieurs centaines d’années. Même si nous arrêtions aujourd’hui d’émettre des gaz à effet de serre, le climat mettrait plusieurs siècles avant de se stabiliser. Le climat de 2050 est largement déterminé par les quantités de gaz à effet de serre qui ont déjà été envoyées dans l’atmosphère. Il faut donc se préparer aux conséquences locales du changement climatique que nos émissions passées rendent désormais inéluctables. C’est ce qu’on appelle l’adaptation au changement climatique.

Quel sera le climat futur auquel s’adapter ?

L’évolution des températures moyennes annuelles en France métropolitaine montre un réchauffement depuis 1900. Ce réchauffement a connu un rythme variable, avec une nette accélération depuis les années 1980. Il est particulièrement marqué en été, alors qu’il est un peu moins fort en hiver. Son intensité varie relativement peu d’une région à l’autre.

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur en France est également sans équivoque : les vagues de chaleur recensées à l’échelle nationale ont été deux fois plus nombreuses entre 1982 et 2018 qu’entre 1947 et 1981.

Télécharger l'image de la figure 3228 (png, 27.9 ko)
Figure 3228

Les vagues de chaleur en France depuis 1947 (jusqu’en 2020).

43 vagues de chaleur recensées à l’échelle de la France depuis 1947 :

  • 4 avant 1960,
  • 4 épisodes entre 1960 et 1980,
  • 9 épisodes entre 1980 et 2000,
  • 26 épisodes depuis 2000.

Sur la base du recensement des vagues de chaleur depuis 1947, il apparaît clairement que la fréquence et l’intensité de ces évènements ont augmenté depuis le début des années 1980. Les épisodes caniculaires depuis le début du 21e siècle ont été sensiblement plus nombreux que ceux de la période 1980-2000, de durée équivalente.

Source : Météo-France

À l’échelle de la France métropolitaine, les précipitations annuelles sont caractérisées par une nette disparité avec une augmentation sur une grande moitié Nord (surtout le quart Nord-Est) et une baisse au Sud (surtout dans le Sud-Est). La diminution des précipitations dans le sud est surtout visible en été et en hiver, tandis que l’augmentation dans le Nord se produit durant toutes les saisons. En Outre-mer, les précipitations ne montrent pas de tendance significative.

En France métropolitaine, les projections climatiques montrent une poursuite du réchauffement jusqu’aux années 2050, quel que soit le scénario. Il pourrait atteindre une valeur d’environ 2°C par rapport à 1900. Au-delà, le climat futur dépendra principalement de notre capacité à réduire ces émissions. Ainsi, après 2050, l’évolution de la température moyenne annuelle diffère significativement selon le niveau d’émission de gaz à effet de serre. Au rythme actuel, le réchauffement pourrait atteindre 4°C en métropole à l’horizon 2071-2100 et 3,5 °C en Outre-mer d’ici la fin du siècle. Cette incertitude à long terme ne doit pas nous conduire à retarder l’action, car les grandes tendances du climat futur sont connues et entraîneront des impacts majeurs en France : hausse des températures plus forte que la moyenne mondiale, vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, précipitations et sécheresses extrêmes, hausse du niveau de la mer, intensification des cyclones.

Des adaptations différentes pour des climats différents

Les impacts du changement climatique sont et seront très variables d’un territoire à l’autre du fait du contexte géographique, socio-économique ou culturel. On ne s’adapte pas de la même manière en territoire de plaine ou en territoire de montagne, en ville ou à la campagne. L’adaptation au changement climatique doit donc être pensée à l’échelle locale, adaptée à chaque situation.

Au niveau individuel, il s’agira principalement de se préparer à l’augmentation de la température, à la recrudescence d’événements extrêmes (canicules, sécheresses, inondations et aux impacts, notamment sanitaires, qui y sont liés. La première étape consistera donc à s’informer sur les risques attendus dans sa région. De manière générale, les mesures dites « sans regret », c’est-à-dire qui présentent des bénéfices quel que soit le climat futur, par exemple les économies d’eau, sont à privilégier dans un premier temps.

Télécharger l'image de la figure 3229 (png, 157.3 ko)
Figure 3229

Carte des impacts déjà visibles et à venir d’ici 2050 à cause du changement climatique.

  • Montagne : -40 cm d’enneigement en 30 ans au col de Porte (Chartreuse, station de ski de basse altitude)
  • Température : +1,5°C en moyenne en France métropolitaine depuis 1900
  • Feux de forêt : 50 % des forêts métropolitaines soumises au risque incendie élevé dès 2050
  • Moustique tigre : déjà installé dans 45 départements métropolitains
  • Sécheresse : un manque de 2 Mds de m3 d’eau en 2050 si la demande reste stable
  • Cultures : après + de 35 ans de croissance : stagnation des rendements

Source : Ministère de la Transition écologique et solidaire - novembre 2019

En quoi consiste une politique d’adaptation ?

L’adaptation au changement climatique a un impact sur l’ensemble des secteurs économiques et sur notre vie quotidienne : les particuliers, les entreprises, les associations, les collectivités doivent modifier leurs fonctionnements, habitudes, et comportements.

L’adaptation au changement climatique touche tous les secteurs économiques :

  • l’adaptation du bâti : le logement est un secteur en pleine évolution avec la rénovation des bâtiments existants : l’amélioration de l’efficacité des systèmes de chauffage, de l’isolation thermique des murs, sols et toits…jusqu’à la construction de bâtiments zéro émissions.
  • l’adaptation des transports : prévoir des mobilités moins émettrices, avec le développement du vélo, du covoiturage, de véhicules plus propres, d’un réseau de transport en commun cohérent…
  • l’adaptation de l’enseignement et des métiers : développement de formations et de réorientation des métiers vers les compétences en lien avec les énergies renouvelables, la gestion de l’eau, la biodiversité… ;
  • l’adaptation de la production d’énergie : le mix énergétique doit évoluer vers davantage d’énergies renouvelables en France (19,1 % de la consommation finale brute en 2020) ;
  • l’anticipation des risques : planter des essences locales, limiter le risque incendie en forêts, prévenir la montée des eaux sur le littoral et le risque d’inondations…
  • la végétalisation des villes pour limiter les îlots de chaleur , assurer la ressource en eau pour tous et le recyclage des déchets….

L’Agence de la transition écologique (Ademe) propose un infographie grand format pour mieux comprendre l'adaptation au changement climatique.

Les actions mises en place en matière d’adaptation au changement climatique font souvent appel à :

  • la résilience, c’est-à-dire à la capacité de résister et de surmonter les chocs. Par exemple, l’Agence de la transition écologique a lancé un appel à la mise en commun des connaissances pour que les acteurs échangent sur la résilience de leurs territoires.
  • ou par exemple, le Cerema et le Commissariat général au développement durable ont étudié la résilience des territoires aux catastrophes.
  • la sobriété : la transition des territoires est souvent liée à une réflexion sur la consommation pour « consommer moins, mais mieux » . Par exemple, le Cerema travaille sur la sobriété énergétique et la sobriété numérique.
  • l’efficacité : les innovations techniques sont un des piliers de l’adaptation au changement climatique : par exemple, l’efficacité énergétique des systèmes de chauffage et des nouveaux véhicules.

Tous ces enjeux se retrouvent à plusieurs échelles :

  • Un premier plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 2011-2015) a été établi, suivi d’un second PNACC, à la suite de l’Accord de Paris, qui comprend 58 actions.
  • A l’échelon régional, des schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) sont mis en place.
  • Les communes et communautés de communes doivent établir un Plan climat air énergie territorial (PCAET) développant les pistes propres à chaque territoire pour s’adapter au mieux en fonction des besoins.

Le travail d’adaptation ne se limite pas au niveau national mais s’insère dans des travaux à l’échelle internationale.

Ressources

Agir

Cet article vous a-t-il été utile ?

Ouvrir l'horizon