• Le secteur du bâtiment, qui comprend les locaux du tertiaire et le logement résidentiel, est le troisième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES) en 2019 en France : il cumule 18 % des émissions nationales, après les transports (31%) et l’agriculture (19%). Ces émissions se retrouvent à chaque étape de la vie d’un logement, depuis le transport des matériaux de construction jusqu’à la consommation énergétique des ménages.

En bref

Illustration sur le logement
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Figure 3168 : Illustration sur le logement
  • 70 % des déchets produits en France proviennent du secteur de la construction (dont le logement).
  • 27 % : c’est la part de l’énergie totale en France pour se loger.
  • La moitié des maisons individuelles construites en 2020 utilisent des énergies renouvelables.
  • 8 % de la surface de la France est artificialisée, dont un peu plus de la moitié (53 %) pour un usage résidentiel et de loisir.

Quels sont les impacts du logement sur l’environnement ?

  • Depuis sa construction jusqu’à sa destruction potentielle, un logement émet des gaz à effet de serre et mobilise des ressources. Pour la construction des logements et des infrastructures, 355 millions de tonnes de minerais sont extraites chaque année.
  • Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) génère au total 240 millions de tonnes de déchets soit 70 % des déchets produits en France (données 2018). Ils sont composés à 93 % de déchets inertes (gravats, bétons), 6 % de déchets non inertes et non dangereux (bois, isolant…) et 1 % de déchets dangereux (amiante…).
  • Il faut ajouter à ces facteurs le transport des matériaux ainsi que l’eau utilisée pour la construction. Même si le recyclage des matériaux progresse, la majeure partie de ces ressources est extraite.
  • Lorsque le logement est occupé, plusieurs sources d’émissions de gaz à effet de serre se cumulent du fait de l’utilisation des appareils électriques et de chauffage. Par exemple, les émissions de dioxyde de carbone dues à la combustion d’énergies fossiles se répartissent ainsi en 2019 : 81 % proviennent des appareils de chauffage, 12 % de l’eau chaude sanitaire et 7 % des appareils de cuisson.
Répartition des émissions de CO<sub>2</sub> liées aux bâtiments résidentiels en France en 2020
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Figure 3209

Répartition des émissions de CO2 liées aux bâtiments résidentiels en France en 2019 en %

- Répartition des émissions du résidentiel en 2019 par poste :

  • 81% pour le chauffage
  • 12% pour l’eau chaude sanitaire
  • 7% pour la cuisson

- Répartition des émissions du résidentiel en 2019 par combustible :

  • 65% de gaz naturel
  • 28% de fioul
  • 5% de butane et de propane
  • 2% de charbon

« Note : ne sont prises en compte que les émissions de CO2 dues à la combustion d’énergies fossiles. Le contenu carbone de l’électricité et de la chaleur achetée à des réseaux n’est pas pris en compte. Les émissions des activités de construction des bâtiments sont comptabilisées dans la catégorie « Industrie manufacturière et construction » (voir p50b). »

« Source : SDES, d’après Ceren, 2020 »

Quelles problématiques sociétales le logement soulève-t-il ?

  • Certains logements sont laissés vacants tandis que, par manque de place en ville, la construction de nouveaux logements se poursuit, ce qui contribue à l’artificialisation des sols : celle-ci augmente à un rythme de + 1,2 % par an depuis 2012.
  • Certains ménages sont en situation de précarité énergétique : la part dédiée au chauffage de leur logement étant trop importante par rapport à leurs revenus, ils peuvent être amenés à renoncer à chauffer suffisamment, ce qui les expose à des problèmes de santé.

Quelles solutions mettre en place ?

  • Selon le code de l’énergie, l’objectif français est de « disposer d’un parc bâti aux normes des bâtiments basse consommation » (BBC) à l’horizon 2050. L’atteinte de ces objectifs passe par une amélioration de la construction et le recyclage des déchets du bâtiment. Elle implique aussi des usages plus vertueux, plus sobres en énergie, dans les logements. Toutes ces actions s’imposent pour atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050.

En savoir plus

Le secteur du logement évolue pas à pas, en fonction des normes, des avancées technologiques et des changements sociétaux.

En quoi le cycle de vie d’un bâtiment est-il consommateur de ressources ?

La construction d’un bâtiment soulève plusieurs problématiques. En premier lieu, elle nécessite des surfaces disponibles : selon l’enquête Teruti-Lucas, les surfaces destinées à l’habitat couvrent 4,6 % de la métropole, soit 2,5 millions d’hectares (Mha). Elles ont augmenté de 12,7 % entre 2006 et 2015 au détriment de surface agricoles et forestières. Le logement individuel est toujours plus consommateur de ressources que l’habitat collectif. L’artificialisation des sols et l’étalement urbain sont des questions centrales de la ville de demain.

Ensuite, une construction doit respecter des normes qui évoluent, avec un volet environnemental de plus en plus présent. Pour une construction neuve, la nouvelle réglementation environnementale (RE2020) a été mise en application au 1er janvier 2022 : elle définit, entre autres, les consommations d’énergies attendues des futurs bâtiments. Dans le cas d’une rénovation de logement, l’objectif est de se rapprocher des catégories énergétiques les plus vertueuses, voire d’atteindre un bâtiment basse consommation (BBC).
Lors de la construction ou d’une rénovation, des matériaux sont utilisés : graviers, sable, bois, isolant… Leur production a des impacts environnementaux. Par exemple, on estime l’« empreinte eau » à 2 litres par kilogramme de ciment, 6 litres par kg de verre et entre 12 et 77 litres pour l’acier selon la présence ou non de chrome et de nickel.

Afin d’optimiser la fin de vie de ces matériaux, le recyclage se développe : près de 26 Mt de matériaux recyclés ont été utilisés au total en 2016 pour la construction (dont le logement), soit environ 8 % de la production totale de granulats. Une « responsabilité élargie du producteur » (REP) pour les déchets du bâtiment est attendue à partir de janvier 2022 : les producteurs financeront la collecte et le recyclage des déchets du secteur. L’objectif est de faire du recyclage une étape obligatoire dans le circuit du bâtiment.

Il faut donc réduire et recycler les matériaux utilisés dans la construction. Il est aussi possible d’en utiliser d’autres tels que les matériaux biosourcés et géosourcés.

Les matériaux biosourcés contiennent une partie de biomasse végétale (bois, paille…) ou de biomasse animale comme la laine de mouton. Les matériaux géosourcés sont issus de la terre, tels que la terre crue. « Biosourcé » et « géosourcé » ne sont pas synonymes de « biodégradable », « naturel » ou issu de l’agriculture biologique : ces matériaux contiennent simplement un certain pourcentage de biomasse. Ils sont une alternative à l’utilisation du béton puisqu’ils sont durables et permettent de stocker du carbone. Ils sont aussi renouvelables puisque le bois et la paille peuvent être produits et cultivés, suivant une gestion durable de la forêt et des sols.

En quoi l’occupation d’un logement consomme de l’énergie ?

Pour se loger, les Français consomment plus d’un quart de l’énergie totale consommée en France. Cette énergie sert au chauffage, à la production d’eau chaude, à la cuisson des aliments, à la climatisation, l’éclairage et l’alimentation des différents appareils électriques. Grâce à la performance énergétique des nouveaux équipements, la consommation des ménages baisse. Les systèmes de chauffage évoluent aussi : en particulier, le bois, les pompes à chaleur et les réseaux de chaleur urbain chauffent de plus en plus de logements, tandis qu’à l’inverse, la part du fioul décline. 50 % des maisons individuelles construites en 2020 sont chauffées avec des énergies renouvelables .

Dépenses d'énergie des ménages (en milliards constants 2019) et part dans leur budget
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Figure 3212

Dépenses d’énergie des ménages et part dans leur budget

Le graphe présente l’évolution pour la France entière (DROM compris) de 1970 à 2019 des dépenses totales des ménages de carburants et d’énergies pour le logement en milliards d’euros. Le document introduit également l’évolution sur la même période de la part que représente ces deux dépenses combinées dans les dépenses des ménages (en %).

• La courbe des dépenses en carburant est croissante de 1970 à 2019 avec des pics en 1995, 2000, 2008, 2012.

  • La courbe des dépenses en énergies de logement suit la même dynamique, avec des niveaux de dépenses similaires. Le pic de 2000 est absent, celui de 2008 n’a pas de décroissance postérieure.
  • La courbe des parts des dépenses en énergie dans le budget des ménages croît jusqu’en 1985 puis décroît rapidement jusqu’à trouver une stabilité relative dès 1988 à des niveaux similaires au début de la période.
  • En 2019, les ménages ont dépensé 46,4 milliards d’euros en carburants et 48,2 milliards d’euros en énergie pour le logement. Cela représente 8,9% des dépenses des ménages pour l’année.

Sources : Insee, Comptes nationaux ; SDES, Bilan énergétique de la France

Note : le budget des ménages est calculé comme les dépenses des ménages au sens de la comptabilité nationale, hors loyers imputés et services d’intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim).
Champ : France entière (y compris DROM).

Légende : La part des dépenses d’énergie dans le budget des ménages (en pointillé rouge) est sensiblement stable et atteint 8,9 % en 2019
Crédit : chiffres-clés de l’énergie, édition 2021.

Face à la dépense énergétique, près de 12 % des ménages se trouvent en 2019 en situation de précarité énergétique : ils consacrent plus de 8 % de leurs revenus à leurs dépenses d’énergie et appartiennent aux 30 % des ménages les plus modestes. Certains en viennent même à se priver de chauffage durant l’hiver. En remplacement des tarifs sociaux de l’énergie, le chèque énergie entré en vigueur en 2018 aide les ménages les plus modestes à payer la facture d’énergie. Il permet de ramener la proportion de ménages en précarité énergétique en 2019 à 10,1 %, contre 11,9 % sans prise en compte du chèque.

Mais la consommation énergétique d’un logement dépend également de son état : en France, environ 5 millions de logements peuvent être qualifiés de « passoires thermiques », correspondant aux classes F et G du diagnostic de performance énergétique (DPE) et 14 % des Français ont froid dans leur logement. C’est d’ailleurs l’enjeu du plan de rénovation énergétique de faire baisser la facture d’énergie des ménages tout en améliorant l’état du parc. Plusieurs aides nationales sont disponibles pour financer des projets de rénovation, du système de chauffage à l’isolation des murs. Des aides spéciales sont également destinées aux rénovations permettant d’atteindre le niveau basse consommation (étiquette énergétique A ou B) ou qui permettent de sortir du statut de passoire thermique (F ou G).

Les résidences principales selon leurs étiquettes DPE (par classe de consommation énergétique) au 1<sup>er</sup> janvier 2022 Note : (reprise du rapport Le parc de logements par classe de consommation énergétique au 1er janvier 2022). Les modalités de calcul du DPE ont été modifiées en juillet et en octobre 2021. L’étiquette énergétique (A, B, C, D, E, F et G) est désormais calculée en fonction de deux facteurs : l’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Champ : ensemble des résidences principales au 1er janvier 2022, France métropolitaine Source : Fidéli 2020 ; base des DPE décembre 2021-mars 2022 de l’Ademe Traitement : SDES
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Figure 3241

Les résidences principales selon leurs étiquettes DPE (par classe de consommation énergétique) au 1er janvier 2022.

Le graphe présente la répartition des résidences principales selon la classe de consommation énergétique (de A à G ; classement DPE).

  • 2 % des résidences principales sont très peu énergivores (étiquette A diagnostic de performance énergétique – DPE).
  • 3 % des résidences principales sont peu énergivores (étiquette B).
  • 24 % des résidences principales sont en étiquette C.
  • 32 % des résidences principales sont en étiquette D.
  • 22 % des résidences principales sont en étiquette E.
  • Près de 17 % du parc est très énergivore (étiquettes F à 10 % et G à 7 %).

Note : (reprise du rapport Le parc de logements par classe de consommation énergétique au 1er janvier 2022) : Les modalités de calcul du DPE ont été modifiées en juillet et en octobre 2021. L’étiquette énergétique (A, B, C, D, E, F et G) est désormais calculée en fonction de deux facteurs : l’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Les seuils de chaque classe énergétique sont donc des « doubles seuils », un logement étant classé selon sa plus mauvaise performance, en énergie primaire ou en gaz à effet de serre. Le DPE décrit le bâtiment ou le logement (surface, orientation, matériaux des murs, des fenêtres, etc.), ainsi que ses équipements de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire, de refroidissement et de ventilation. Les usages électriques pour l’éclairage et les auxiliaires sont également pris en compte depuis la réforme de 2021. Le facteur de conversion en énergie primaire de l’électricité (reflétant la quantité d’énergie primaire pour produire un kWh d’électricité) a évolué de 2,58 à 2,3.
Champ : ensemble des résidences principales au 1er janvier 2022, France métropolitaine
Source : Fidéli 2020 ; base des DPE décembre 2021-mars 2022 de l’Ademe
Traitement : SDES

Ressources

  • Images et Infographies

    Infographie présentant les caractéristiques des résidences principales selon leurs étiquettes DPE (Données au 1er janvier 2022)

    Infographie, Service des données et études statistiques, Juillet 2022

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  • Les indispensables

    La rénovation énergétique des logements : bilan des travaux et des aides entre 2016 et 2019

    Données et études statistiques - Ministère de la Transition écologique – Mai 2021

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  • Les indispensables

    La précarité énergétique en 2020 : un repli marqué

    Théma essentiel - Commissariat général au développement durable-Service de l’économie verte et solidaire - Janvier 2022

    Visualiser La précarité énergétique en 2020 : un repli marqué

  • Les indispensables

    Panorama des émissions françaises de gaz à effet de serre

    Entre 1990 et 2019, la France a diminué ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 %. Cette réduction concerne les émissions anthropiques, comptabilisées dans l’inventaire national, hors utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et les Forêts (UTCATF). Cette diminution résulte de la baisse significative des émissions des secteurs de l’industrie manufacturière et de l’industrie de l’énergie Les transports sont le seul secteur dont les émissions de GES ont augmenté depuis 1990. Le dioxyde de carbone ((CO2)), provenant majoritairement de l’utilisation d’énergie fossile, représente 74 % des émissions françaises de GES.

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  • Les indispensables

    Focus Ressources naturelles

    Cette ressource fait partie de la publication "Rapport sur l’état de l’environnement en France - Édition 2019". Ce focus consacré aux « Ressources naturelles » a pour ambition d’analyser les pressions exercées sur les matières utilisées pour faire fonctionner l’économie française et permettre à ses citoyens de subvenir à leurs besoins.

    Visualiser Focus Ressources naturelles

  • Les indispensables

    Des chiffres pour vous donner les clés du logement

    La question du logement structure la vie et l’économie des ménages et des territoires. Elle porte également d’importants enjeux environnementaux. Une infographie en trois volets présente un panorama des chiffres clés du logement.

    Visualiser Des chiffres pour vous donner les clés du logement

  • Les indispensables

    La terre crue, une alternative au béton ?

    Le béton est un matériau de construction qui émet beaucoup de CO2. Avec ses nombreuses qualités environnementales, la terre crue représente une alternative prometteuse.

    Visualiser La terre crue, une alternative au béton ?

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