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« Pollution chimique » et « Cycle de l’eau verte » : deux nouvelles limites planétaires franchies

Après le dépassement, constaté en 2022, des seuils liés à la pollution chimique et au cycle de l’eau verte, seules trois des neuf limites censées définir les conditions d’habitabilité de la Terre demeurent inviolées. Et cela pourrait ne pas durer.

En 2009, une équipe internationale de 28 chercheurs emmenés par le Suédois Johan Rockström identifie neuf limites planétaires à ne pas dépasser à l’échelle mondiale pour préserver des conditions de vie sur Terre semblables à celles de l’Holocène.

Plusieurs d’entre elles étaient alors déjà franchies : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité et la perturbation du cycle de l’azote. En 2015, de nouveaux seuils sont redéfinis et l’on constate le dépassement des limites « cycle du phosphore » et « changement d’utilisation des sols (déforestation) ».

En 2022, deux études publiées par les scientifiques du Stockholm Resilience Center (SRC) de l’Université de Stockholm annoncent le franchissement de deux nouvelles limites.

Pollution chimique et plastique

En janvier 2022, la première évaluation liée à la pollution chimique, publiée dans la revue scientifique Environmental Science and Technology, conclut au dépassement de la limite « introduction de nouvelles entités dans la biosphère ». Liée à l’utilisation de pesticides, détergents, métaux lourds, cette pollution peut être engendrée par des accidents industriels, des marées noires, etc. La production de produits chimiques, en particulier, multipliée par 50 depuis 1950, pourrait encore tripler d’ici 2050.

Distinguer l’eau bleue de l’eau verte

En avril 2022, un nouvel éclairage à la limite « cycle de l’eau », distinguant l’eau bleue et l’eau verte, est publié dans Nature Reviews Earth & Environment. En ne tenant compte que de l’eau bleue, contenue dans les rivières, les lacs et les eaux souterraines (40 % de la masse totale des précipitations), la limite « cycle de l’eau douce » n’est pas franchie. Mais les auteurs de l’étude estiment que le rôle de l’eau verte, stockée dans le sol et la biomasse (60 % du total de l’eau douce), n’a jusqu’ici pas suffisamment été pris en compte. Or, elle contribue à assurer la résilience de la biosphère, préserver les puits de carbone et réguler la circulation atmosphérique. Concernant le cycle de l’eau verte, la limite est dépassée.

Seuls les seuils fixés pour l’acidification des océans, la dégradation de la couche d’ozone et l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère ne sont pas encore franchis. Mais si la couche d’ozone semble à peu près préservée, l’augmentation des aérosols présents dans l’atmosphère n’a toujours pas été quantifiée, et l’acidification des océans s’aggrave chaque année, notamment sous l’effet du changement climatique et de la perturbation du cycle de l’azote.

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