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Alimentation et environnement : les enjeux de la consommation de viande en France

84,4 kg Consommation de viande par an et par habitant en France en 2020

Ces données sont exprimées en kg « équivalent-carcasse » : il ne s’agit pas des quantités nettes achetées ni consommées.

C’est l’une des nombreuses données publiées par FranceAgriMer en septembre 2021 sur la consommation de produits carnés en France. Cette consommation a fortement augmenté de l’après-guerre à la fin des années 90, quand elle a atteint un pic de 94 kg par habitant. Depuis, elle connaît une évolution à la baisse, avec une exception toutefois pour la volaille qui représente 32,8 % de la consommation en 2020. Au niveau mondial, en revanche, la consommation carnée a plus que triplé depuis 1970.

Sur la décennie 2010, la baisse de la consommation globale de viande en France s’accompagne d’une augmentation de la part de produits carnés d’origine biologique qui passe de 8 % à 18 % entre 2013 et 2020. Cette augmentation est plus faible néanmoins que pour les fruits et légumes.

Quels sont les enjeux environnementaux de cette consommation de produits carnés ?

Notre alimentation a des impacts très variables sur l’environnement selon les produits consommés. On estime ainsi qu’entre une alimentation « classique » et un régime moins carné, les émissions de gaz à effet de serre passent de 1,6 tonne à 1 tonne de CO2 équivalent par an et par habitant. Ceci est lié au fait que la production de viandes et laitages est plus émettrice de gaz à effet de serre que celle des fruits et légumes. Toutefois, selon les études, le niveau d’émissions varie selon le type de produits carnés : un kg de bœuf émet beaucoup plus de gaz à effet de serre qu’un kg de poulet, par exemple. C’est en particulier dû au fait que les ruminants produisent d’importantes quantités de méthane, gaz qui contribue fortement à l’effet de serre.

D’après l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), dans un rapport de 2013, le secteur de l’élevage serait à l’origine de 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), dont 9,3 % pour les bovins. La FAO estime que 70 % des terres agricoles dans le monde sont utilisées pour les besoins de l’élevage, dont l’essentiel sur des espaces non cultivables (prairies, montagnes, steppes, savane). Une partie est issue de la déforestation que ce soit pour les espaces de pâturage ou la mise en place de cultures destinées à l’élevage.

Au-delà du réchauffement climatique, l’élevage est une source d’émissions de polluants atmosphériques (ammoniac, particules) et de pollution de l’eau (nitrates issus des effluents). Par ailleurs la production d’aliments pour les animaux mobilise non seulement des surfaces agricoles, mais aussi des ressources en eau. Elle peut également recourir aux pesticides, eux-mêmes à l’origine de pollutions de l’eau, du sol et de l’air. Les importations de produits carnés restent élevées, malgré une baisse de 7,5 % en 2020, ce qui contribue à l’empreinte carbone.

À l’inverse, certains bénéfices environnementaux de l’élevage doivent être mis en avant : le rôle des prairies dans le stockage du carbone et le maintien de la biodiversité ou encore l’intérêt des déjections animales dans le renouvellement des nutriments des sols, par exemple. Dans une étude scientifique publiée en 2017, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) souligne que l’intensification des pratiques d’élevage, comme des autres formes d’agriculture, a entrainé de forts impacts négatifs sur la biodiversité, et qu’en entretenant des milieux particuliers tels que les prairies naturelles, l’élevage joue un rôle majeur dans le maintien d’écosystèmes caractéristiques.

L’Inrae a également publié sur ces questions un dossier de synthèse intitulé « Viande et élevage, un éclairage par la recherche » (à consulter en « ressources » de cet article). Il a également rendu en 2016 un rapport de l’expertise scientifique collective (Esco), réalisée à la demande des ministères en charge de l’Environnement et de l’Agriculture, ainsi que de l’ADEME, sur les rôles, impacts et services (environnementaux, économiques et culturels) issus des élevages et des produits animaux (disponible également en « ressources » de cet article).

Quels sont les enjeux d’une alimentation plus durable ?

Dans son sixième rapport, le GIEC a identifié trois motivations potentielles d’une baisse de la consommation carnée, en s’appuyant sur des données empiriques d’Europe de l’Ouest, seule région à témoigner d’une telle tendance : les préoccupations individuelles de santé, le souci du bien-être animal et la prise de conscience environnementale.

Dans un avis rendu en juillet 2022 sur les nouveaux comportements alimentaires, le Conseil national de l’alimentation (CNA) retient parmi les actions à développer pour atteindre un système alimentaire durable, le rééquilibrage entre la consommation d’aliments d’origine végétale et celle de produits d’origine animale.

Enfin, le Programme national nutrition santé 2019-2023 recommande au consommateur des régimes limitant la viande rouge (- de 500 g/semaine) , les produits laitiers (2/jour) et la charcuterie (- de 150g /semaine) et augmentant la part de légumineuses et légumes secs (au moins 2 fois par semaine) et de fruits et légumes (5 par jour), naturellement riches en fibres. Ces recommandations intègrent pour la première fois le développement durable et les modes de production en conseillant de privilégier des aliments de saison, provenant de producteurs locaux et si possible « bio ». Ces recommandations nutritionnelles contribuent à la prévention de maladies chroniques comme le diabète, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et certains cancers tout en réduisant les impacts environnementaux liés à l’alimentation.

La viande présente une empreinte carbone élevée. En France, sa consommation diminue depuis 20 ans.
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Figure 3250
La viande présente une empreinte carbone élevée. En France, sa consommation diminue depuis 20 ans.

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